Alors qu’aucune preuve formelle de présence du Lynx ou du Loup n’a pour l’instant été apportée dans le département de la Loire (42), une formation du Réseau Loup-Lynx aura lieu à Saint-Etienne les 9, 10, et 11 décembre 2009.
Cette mise en place du Réseau Lynx dans un département situé en dehors de la zone de présence attestée (du Lynx ou du Loup) est une première, et est à l’initiative du Préfet et du DDAF de la Loire qui ont eu la bonne idée de vouloir anticiper… car il était évident que de toute façon le Réseau aurait fini par être mis en place un jour ou l’autre. En effet, voilà déjà plusieurs années que des observations de lynx sont faites sur certains massifs de ce département, sans que des preuves formelles répondant aux critères du Réseau Loup Lynx (basés sur ceux du SCALP) soient apportées. On peut donc espérer que cette installation du Réseau permette enfin d’avancer un peu mieux sur le sujet…
C’est également une excellente nouvelle pour tous les autres départements potentiellement concernés qui ne sont pas encore couverts par le Réseau, car cette initiative démontre qu’il est enfin possible de mettre en place ce dispositif dans les départements où la présence de grands carnivores est suspectée depuis longtemps, chose qui jusque là était à priori impossible: les appels lancés par certains naturalistes au Symposium Lynx d’Orléans (octobre 2008), eux-même repris par Ferus dans sa demande à l’Etat de mettre en place un Plan national de conservation du Lynx (octobre 2009), ont donc été entendus…
On peut également se réjouir de la mise en place du Réseau Lynx dans le département de la Loire, car c’est la première fois que ce dispositif franchit la vallée du Rhône pour s’installer dans le Massif central!
Empreinte suspecte trouvée quelque part dans le Massif central - Photo: Hugo BOURDIN (décembre 2008)
Depuis quelques mois déjà, une femelle lynx et ses deux petits étaient signalés dans le secteur de la Roche du Prêtre au dessus du site de Consolation surplombant la vallée du Dessoubre (Doubs).
Il se trouve qu’un des jeunes lynx, d’après les premières constatations, a été écrasé sur la D41 dans la nuit de lundi à mardi au lieu dit « Le Bas des Prés » à quelques hectomètres du restaurant de la Roche du Prêtre. Mickaël Mairot, technicien à la fédération de chasse du Doubs, Emmanuel Renaud et Gérard Blanchet, gardes à l’office national de la chasse et de la faune sauvage opérant sur le secteur, se sont rendus sur les lieux pour constater les faits et récuperer l’animal afin de l’envoyer dans un laboratoire pour les examens de suivi sanitaire d’usage.
Deux jeunes lynx ont été aperçus en ville mercredi dans la nuit. L’un a été capturé avant de réussir à prendre la fuite.
PONTARLIER._ Les lynx sont entrés dans la ville… En d’autres temps, on aurait crié au loup, on se souvient, à la fin des années soixante-dix le Haut-Doubs, s’inquiétait d’une bête mystérieuse, mais le « loup-cervier » ne fait plus peur maintenant qu’il fait depuis des décennies partie de la faune sauvage de la montagne jurassienne.
Toutefois sa présence en ville est insolite. Peut-être l’évènement va-t-il apporter de l’eau au moulin de ceux qui les trouvent aujourd’hui trop nombreux, ce qui serait un faux argument selon les spécialistes (voir encadré).
Ce sont trois lycéens des Augustins et de Xavier-Marmier qui, passant en voiture sur la rocade mercredi vers 23 h, ont aperçu les deux félins sur le côté de la chaussée. Croyant d’abord que c’étaient des renards, ils ont fait demi-tour pour découvrir qu’il s’agissait de deux jeunes lynx.
L’un prit la fuite dans le parc de l’usine Nestlé, l’autre se réfugia le long de la rocade, au bord du Doubs sur le muret d’un ancien canal. Pelotonné, il y restait sans bouger, malgré le branle-bas de combat, la venue des services de la ville, d’un agent de l’Office de la chasse et de la faune sauvage, puis des pompiers. « Alors que j’arrivais, nous avons vu le second lynx passer du parc Nestlé dans l’enceinte de l’hôpital », racontait la première adjointe au maire Marie-Claude Masson. Le service de sécurité de l’établissement fut alerté.
Orphelins ?
« Il s’agit là de jeunes de la portée d’avril. Ils ont vraisemblablement perdu leur mère », analysait l’agent de l’ONCFS, Christophe Guinchard. « Quand les lynx sont en détresse, ils ont tendance à se rapprocher des habitations. Mais à cet âge-là, ils ne peuvent se nourrir seuls. Si on ne les récupère pas, ils sont condamnés. »
Le recours à un tir anesthésiant étant risqué en raison de la difficulté à apprécier la dose pour des animaux d’un si jeune âge selon les spécialistes du centre de sauvegarde de la faune sauvage Athenas, installé à l’Étoile dans le Jura. Christophe Guinchard a donc tenté de capturer l’animal à l’aide d’un filet.
Empêtré dans les mailles, le lynx a néanmoins réussi à prendre appui sur le cercle de l’épuisette et, d’un bond, n’a pas demandé son reste, s’enfuyant sur la piste cyclable, avant de disparaître dans une propriété privée.
Les recherches entreprises hier, ont permis de repérer un des félins perché dans un arbre de la propriété mais qui s’est échappé en traversant le Doubs.
Une cage avec un appât a été disposée pour la capture du second lynx ayant encore été aperçu dans le secteur.
Communiqué de dernière minute par le Centre Athénas:
Suite au signalement le 18 novembre de 2 jeunes lynx en difficulté aux portes de Pontarlier, nous avons passé une journée et une nuit sur le terrain avec l’ONCFS (SD25) pour tenter sans succès de les recontacter et de les capturer. La mère de ces jeunes est vraisemblablement morte (pas d’appel nocturne, jeunes désorientés), et en l’absence de collision routière immanquablement signalée en milieu aussi urbanisé, chacun pourra tirer les conclusions qui s’imposent, en ces périodes de battues au grand gibier… Le SD25 et nous avons placé 2 cages piège pour tenter de reprendre ces 2 jeunes. Le réseau naturaliste local est alerté, et toute info récente (postérieure au 19 novembre 13h) sur un contact visuel est bonne à prendre.
Bien sûr, en cas d’observation, nous déconseillons toute tentative d’approche, de nourrissage et toute publicité pour conserver les chances de capture intactes. En effet, ces jeunes sont condamnés à brève échéance s’ils ne sont pas capturés rapidement. Ils ne représentent bien entendu aucun danger pour la population, pour autant qu’on ne cherche pas à les approcher ou les manipuler. Toute personne les apercevant est invitée à nous contacter d’urgence au 03 84 24 66 05 ou au 06 76 78 05 83
Le système satellitaire ARGOS vous emmène pour un tour du monde rendez-vous à la Cité des Sciences et de l’Industrie, à Paris, du 7 octobre au 10 janvier prochain, pour une exposition gratuite !
On peut notamment y voir Fario le lynx jurassien que nous avons relâché en juin 2009 et dont le suivi par balise Argos constitue pour l’espèce une première européenne. Voir le site CLS ARGOS
Dans sa newsletter d’octobre 2009 (Athenews N°45), le Centre Athénas revient en détail sur la passionnante réinsertion en pleine nature du lynx Fario, réalisée en juin 2009. Ce lynx est le premier mammifère terrestre à être suivi par satellite en Europe occidentale (rien que ça!): une initiative particulièrement prometteuse dont on attend beaucoup en terme de compréhension de cette espèce, particulièrement délicate à appréhender. Extraits choisis:
“Dès obtention de l’autorisation de relâcher, afin de limiter le temps et les déplacements consacrés au suivi, ainsi que la pollution générée, il avait été décidé, en accord avec la DIREN Franche Comté, d’opter pour ce mode de suivi. L’État a financé l’achat du matériel (une balise Argos/GPS doublée d’une balise VHF, le tout monté sur un collier lui-même équipé d’un système « dropoff» qui a été activé pour provoquer son ouverture après 52 semaines de suivi. Le collier sera ainsi récupéré et réutilisable moyennant remplacement de la batterie).
Par convention, l’acquisition des données cryptées est réalisée sur le compte CLS/Argos de l’IRD (Institut pour la Recherche et le Développement) et le CNRS réalise le décryptage de ces données et leur report sur support cartographique (Google Earth). Le suivi Argos/GPS permet d’obtenir des données très précises sur les différentes mouvements de Fario, et il est ainsi possible d’orienter des recherches de terrain à partir de ces données pour procéder par exemple à des recherches d’indices de consommation de proies. Les renseignements par ailleurs obtenus sur le comportement d’un lynx subadulte en dispersion contribueront à une meilleure connaissance de cette phase critique pour les lynx immatures. Fario est en outre le seul mammifère terrestre faisant l’objet d’un suivi Argos en Europe occidentale.
Le CLS (Centre de localisation par satellite), filiale du CNES (Centre National d’Études Spatiales) en charge de la gestion du système Argos, a choisi , pour fêter les 30 ans d’Argos, de faire figurer l’aventure de Fario et son suivi dans l’exposition multimédia qui se tient du 7 octobre au 10 janvier à la cité des Sciences et de l’Industrie à Paris.”
“A n’en pas douter , ces informations qui feront l’objet d’une analyse et d’une publication en collaboration avec le CNRS et l’ONCFS apporteront un nouvel éclairage sur le comportement des lynx subadultes en dispersion et sur leur mode d’occupation de l’espace.
Deux évidences déjà s’imposent :
les lynx ne s’empilent pas sur un même territoire, et Fario a été repoussé successivement des territoires de plusieurs individus (par les marquages territoriaux ou à la suite de rencontres directes), et il a dû se contenter des zones relativement anthropisées (prébois,haies, lisières), mais malgré tout riches en proies. Il lui a donc fallu courir davantage de risques (traversées de routes, proximité d’habitations), mais a manifesté beaucoup de discrétion et d’opportunisme.
chez les immatures au moins, l’éventail de proies est beaucoup plus large qu’il n’y paraît. Ce qui avait déjà été pressenti avec Morissette, en mouvement un jour sur deux, s’est confirmé avec Fario : le ratio souvent annoncé d’un chevreuil/semaine est largement surévalué, car,excepté pour les deux prédations constatées, le nombre de stationnements prolongés sur une même zone pouvant correspondre à la consommation d’une proie moyenne ou importante (4 jours ou plus) est de 5. Cela signifie donc qu’au maximum 7 chevreuils adultes ont été consommés en 18 semaines et qu’entretemps Fario a diversifié son alimentation. Il a notamment exploité une garenne durant près d’un mois, et lors de ses déplacements a probablement consommé lièvres, renardeaux et autres petites proies.
Espérons que, contrairement à Morissette qui a selon toute vraisemblance été victime de braconnage (perte brutale du signal au milieu d’un massif forestier durant un weekend d’octobre), Fario ne fera pas de mauvaise rencontre et survivra à l’hiver à venir.”
Il y a 35 ans aujourd’hui que le retour du lynx était officialisé dans le Massif jurassien.
En effet, le 20 octobre 1974, une femelle de 5 ans était abattue par un chasseur sur les hauteurs de Thoiry dans le département de l’Ain. Chassant le chevreuil, l’homme avait alors déclaré avoir agi en état de légitime défense, bien que le félin ait été mortellement touché au flanc!
Malgré cet accueil pour le moins brutal, l’espèce va pourtant coloniser peu à peu, tout au long des trois décennies qui suivront, la quasi totalité des zones du Massif répondant aux exigences biologiques de l’espèce.
Mais cette population reste fragile (faible densité, collisions, braconnage…) et nous devons maintenant faire en sorte que son avenir s’inscrive durablement au sein de la faune jurassienne.
Propositions de FERUS pour la définition d’un « Plan national de conservation du lynx en France »
Si le lynx n’est heureusement pas dans une situation critique en France, son avenir n’est pour autant pas pleinement assuré et impose une grande vigilance.
Les cas de mortalité d’origine humaine – braconnage et collisions routières principalement – augmentent. De plus, outre les cas de mortalité directement constatés, de nombreux autres sont suggérés indirectement, par l’augmentation du nombre de jeunes lynx orphelins retrouvés, morts ou vivants, dans le Jura. Les rumeurs de braconnage sont aussi nombreuses à nous parvenir, sans pouvoir être vérifiées la plupart du temps. Enfin, dans le milieu cynégétique, certaines voix se font entendre pour demander une régulation du lynx.
Malgré ces sources légitimes d’inquiétude, le lynx ne bénéficie d’aucun plan de conservation à l’échelle nationale, à la différence du loup ou de l’ours par exemple. Pourtant, au niveau français, le lynx boréal est classé comme « en danger » sur la liste rouge des espèces menacées en France.
Un projet de plan de restauration pour le lynx en France avait pourtant été rédigé au début de l’année 2003 par diverses administrations, mais a rapidement été gelé par le Ministère de l’Ecologie de l’époque. Cette demande n’est pas nouvelle : depuis longtemps, de nombreux naturalistes et scientifiques réclament un plan lynx à l’échelle nationale.
FERUS prend aujourd’hui le flambeau pour réclamer à l’Etat la rédaction, puis la mise en œuvre effective, d’un véritable plan national de conservation du lynx en France, auxquelles nous souhaitons participer. A travers ce document (téléchargeable ici), nous développons ce qui nous semble devoir être la base d’un tel plan.
Propositions plan lynx Ferus
Ce document a été adressé à Chantal Jouanno, secrétaire d’état à l’Ecologie, au Directeur général de l’Aménagement, du Logement et de la Nature et à la Directrice de l’Eau et de la Biodiversité (DEB, ex DNP). Il a également été adressé pour information au Conseil de l’Europe, au comité français de l’UICN et au groupe faune sauvage du CNPN.
Recherche : Analyse des cas de mortalité enregistrés par le réseau ….
Bilan des attaques de lynx sur cheptel domestiques en 2008
Bilan indices 2008
Pour en savoir plus :
* Suivi & distribution du Lynx dans le massif jurassien suisse.
* Stabilité spatiale et sociale d’une population de Lynx d’Eurasie : une évaluation de 10 ans de données dans le massif jurassien.
* Variabilité du régime alimentaire, de la sélection des proies, et de la taille du domaine vital chez le Lynx d’Eurasie en Suisse.
* La population de lynx dans le Jura : modélisation des corridors, de la distribution et des effectifs potentiels.
* Caractérisation des sites de tanière du Lynx d’Eurasie et survie des chatons.
* Les règles de distances pour dénombrer a minima les groupes familiaux de lynx selon les conditions écologiques.
* Evaluation de l’application du pistage hivernal pour le suivi des populations de lynx.
* Comparaison des prélèvements de chevreuils (selon l’âge, le sexe, la condition physique) effectués par le lynx et à la chasse.
* Changements dans le régime alimentaire du renard suite à la colonisation du lynx.
Journée de conférences sur les Carnivores européens
Clôture de la campagne EAZA 2009 « Vivre ensemble » pour la conservation des Carnivores européens
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Le lundi 12 octobre 2009
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Université Paul Verlaine de Metz Campus Bridoux Amphithéâtre Fermat
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Depuis 8 ans maintenant, l’Association Européenne des Zoos et Aquariums (EAZA) organise chaque année une campagne destinée à sensibiliser le public à la conservation d’espèces menacées et à récolter des fonds pour aider à la mise en place de programmes de conservation. Cette année, cette campagne porte sur la conservation des Carnivores européens et, plus précisément, sur la cohabitation Hommes – Carnivores.
Après 6 mois consacrés à la mise en place d’événements pour collecter des fonds et sensibiliser le public à l’existence et au rôle des carnivores, l’association Zoo d’Amnéville Conservation organise une journée de conférences pour clôturer cette campagne.
Au programme, des spécialistes viendront vous parler du Chat forestier d’Europe, du Lynx boréal, du Loup gris, de la Loutre d’Europe mais également du rôle des zoos dans la conservation de la faune sauvage.
Le rendez-vous est fixé le lundi 12 octobre à 9h à l’Université Paul Verlaine de Metz – Campus Bridoux, rue du Général Delestraint à Metz, Amphithéâtre Fermat. La journée devrait s’achever aux alentours de 17h30 et une pause pour le repas de midi est prévue de 12h à 13h30 (repas tiré du sac).
Voici le programme provisoire de la journée (téléchargeable au format pdf en bas de cette page) :
- MATIN :
9h : Accueil des visiteurs dans l’amphithéâtre Fermat, autour d’un café ou d’un thé et de viennoiseries
9h30 : Ouverture de la journée de conférences – « Présentation et bilan de la campagne EAZA 2009 au Zoo d’Amnéville », Communication d’Estelle Germain, responsable de la campagne pour Zoo d’Amnéville Conservation.
10h : « Rôle des parcs zoologiques dans la conservation de la faune sauvage », Communication de Nicolas Leroux, directeur zoologique au Zoo d’Amnéville.
11h : Communication sur le Chat forestier d’Europe de François Léger, technicien à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, accompagné par Estelle Germain.
12h : Pause déjeuner avec possibilité de s’installer sur place avec son « repas tiré du sac » pour ceux qui souhaitent poursuivre les discussions avec les intervenants.
- APRÈS-MIDI :
13h30 : Retour à l’amphithéâtre Fermat, distribution de boissons et de biscuits
14h : « Le mythe du grand méchant loup », Communication de Michel Louis, directeur du Zoo d’Amnéville et auteur de l’ouvrage La bête du Gévaudan (2003, Editeur : Librairie Académique Perrin, Collection : Tempus)
15h : « Grands prédateurs, moutons et Patous dans le Jura. », Communication de Patrice Raydelet pour le Pôle Grand Prédateur du Jura
16h : Communication sur la Loutre d’Europe de René Rosoux, spécialiste de l’espèce et auteurs de nombreux ouvrages sur l’espèce comme La loutre écrit avec Jim Green (2004, Editeur : Belin, Collection : Éveil Nature) (à confirmer).
17h : Clôture de la journée par une séance de dédicaces des ouvrages de Patrice Raydelet sur le Chat forestier d’Europe et le Lynx boréal ainsi que des ouvrages de René Rosoux sur la Loutre d’Europe (à confirmer).
Capturé en novembre 2008 en grande difficulté (très dénutri et portant des traces de morsures de chien) après le probable braconnage de sa mère, ce jeune mâle appelé Fario en raison de sa commune de découverte (Le Lac des Rouges Truites) a été élevé au Centre jusqu’au 10 juin, date de son relâcher dans le Haut-Jura.
Malgré son nom, sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille : outre les circonstances ayant amené à sa capture, il s’est fracturé durant les premiers jours de sa captivité un cartilage de croissance de la patte avant droite (suite à une chute due à sa faiblesse), puis a déclaré une pneumonie quelques jours avant la date initialement prévue pour son relâcher (15 mai). Le délai supplémentaire nécessaire à sa complète guérison a été mis à profit pour parfaire son entrainement à l’aide de proies vivantes, conformément au protocole d’élevage établi depuis plusieurs années et ayant permis de relâcher Morissette avec succès.
Équipé d’une balise Argos/GPS et d’une balise VHF, il fait l’objet d’un suivi quotidien dont les modalités ont été fixées par ‘une convention entre ATHENAS, le CNRS et l’IRD (Institut pour la Recherche et le Développement), ces derniers assurant pour nous la réception et le décryptage des données GPS. A l’issue de plus de 3 mois de suivi, plusieurs captures et consommations de chevreuil ont pu être constatées (2 avérées, constatées de visu, et au moins 3 supposées suite à des stationnements prolongés). Il s’est beaucoup déplacé (plus de 150km au total), vraisemblablement poussé par des adultes cantonnés et leurs marquages territoriaux. Fréquentant de ce fait davantage les zones de lisières et de pré-bois que les grands massifs, il a malgré tout réussi à survivre et chasser, manifestant ainsi beaucoup d’opportunisme. Il sera suivi jusqu’en juin 2010, date à laquelle son collier se décrochera et pourra être récupéré. Souhaitons lui longue vie et pas de mauvaise rencontre comme celle qu’a probablement fait Morissette avec qui nous avons brutalement perdu le contact durant un week-end d’octobre 2008…
Réintroduit en 1983 dans le massif vosgien, le lynx tente de recoloniser depuis, les forêts où jadis il vécut. Animal emblématique, discret, il est rarement observé et de nos jours reste encore méconnu. Portant, la bête est là, souvent proche de nos villages et pour qui sait interpréter les indices laissés par le félin, s’offre alors la chance de le côtoyer. N’ayant pas la prétention d’être un ouvrage scientifique, ce livre retrace de nombreuses expériences naturalistes riches en émotions, vécues par Alain Laurent.
L’auteur, naturaliste de terrain, suit et étudie l’espèce depuis 1988, tout d’abord à titre personnel, par passion des félins. En 1989, dans le cadre final d’accompagnateur en montagne, il rédige un mémoire sur la réintroduction du lynx dans le massif vosgien. Aujourd’hui, actif au sein du Réseau Lynx, il participe au suivi de l’espèce, au Centre National d’Etudes et de Recherches Appliquées – Prédateurs et Animaux Déprédateurs de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.
Mais c’est avant tout une passion viscérale de la nature, une présence quotidienne sur le terrain, de longues nuits d’attente, quelques fois dans le froid et la tourmente, qui guident l’auteur à l’aboutissement, à la rencontre. Ce livre qui est richement illustré de photos prises en milieu naturel, se veut aussi être un recueil d’informations, d’indices, de réponses. Il apportera au lecteur de précieux renseignements dans sa quête de la bête sauvage.
L’ours, le lynx fascinent, effraient, dérangent… Depuis leur retour dans nos montagnes, le débat sur leur cohabitation avec l’homme est toujours aussi exalté. La controverse fait rage. Ils sont, selon les uns ou les autres, tantôt symboles de la protection de l’environnement, tantôt attractions touristiques ou encore tueurs sanguinaires. Leur réapparition dans des zones rurales plus ou moins délaissées a permis de mettre le doigt sur une série d’enjeux non seulement écologiques, mais aussi socio-économiques, culturels politiques et territoriaux. Dans ce contexte conflictuel, faut-il continuer à protéger ces grands carnivores, accusés de décimer le bétail ? Des pistes encourageantes existent, qui permettraient de préserver les écosystèmes, de l’imiter la prédation sur les troupeaux, de sauvegarder l’activité pastorale, tout en favorisant le multi-usage des territoires. Comment peut-on envisager une protection raisonnée et acceptable par tous de ces grands prédateurs ? François Arcangeli, architecte et maire d’Arbas (Haute-Garonne) depuis 1995 ; Patrice Raydelet, ex-garde de réserve naturelle, aujourd’hui photographe naturaliste et conférencier ; Francis Chevillon, éleveur et berger de haute montagne dans l’Ariège et membre de l’Association des pâtres de haute montagne ; et Michel Blanchet, attaché scientifique au parc naturel régional du Queyras, réagissent aux propos de Farid Benhammou et les enrichissent.
Biographie de l’auteur
Agrégé de géographie, docteur en géographie-environnement, Farid Benhammou travaille sur les conflits autour de la conservation de l’ours et du loup depuis 1998 en y appliquant une démarche géopolitique innovante. En 2007, il soutient une thèse distinguée par le Comité national français de géographie :Crier au loup pour avoir la peau de l’ours : une géopolitique locale de l’environnement
Après la FRAPNA il y a quelques jours, c’est au tour d’AVES France de porter plainte pour les deux lynx braconnés dans l’Ain, comme l’indique le communiqué ci-dessous (source: site internet d’AVES France):
Il y a quelques jours nous apprenions par voie de presse le braconnage de deux lynx dans l’Ain. Les félins ont été tués fin novembre 2008, l’information a mis du temps à remonter…
La FRAPNA a décidé de porter plainte contre cet acte perpétré par un ou plusieurs braconniers apparemment dépourvus d’intelligence, et de cerveau. AVES FRANCE appuie cette démarche en portant plainte à son tour. L’union fera peut-être la force car nous n’avons que peu d’espoir que les coupables soient retrouvés et punis. La loi du silence règne en général sur le braconnage des grands prédateurs, et le lynx est, des trois, le plus mal loti. C’est pourtant un félin discret et timide qui n’occasionne que peu de dégâts sur les cheptels. Il se pourrait toutefois que, pour une fois, les éleveurs ne soient pas mis en cause. Davantage que le loup et l’ours, le lynx compte beaucoup d’ennemis chez les chasseurs, ces fameux “gestionnaires” de la nature qui n’ont toujours pas digéré la présence de ce concurrent indésirable… qui paie déjà un lourd tribut à la circulation automobile entre autres. Quoi qu’il en soit, si les coupables sont identifiés, nous espérons qu’ils seront sévèrement sanctionnés pour cet acte inqualifiable.
À Souclin près de la Chartreuse de Portes dans l’Ain, fin novembre, deux jeunes lynx ont été retrouvés morts par un garde-chasse, tués par balles. Un double braconnage constaté par l’ONCF (office national de la chasse et de la forêt) qui est remonté jusqu’à la Frapna (fédération régionale de protection de la nature). Cette dernière a porté plainte auprès du procureur de la République.
Henri Bourgeois-Costa, le responsable départemental de la Frapna, parle « d’un acte imbécile » qui n’est hélas pas le premier. Il y a deux ans, un félin avait été retrouvé, dans la Valserine, une pierre autour du cou, un autre avait aussi été tué par balle. L’été dernier, une procédure avait été ouverte à Aranc pour une suspicion de braconnage contre un félin.
Les défenseurs de la nature de l’Ain ne se font cependant guère d’illusions sur les suites de l’affaire. « On ne sait jamais. Quelqu’un peut parler, parce que dans le secteur on imagine que cela se sait. Mais on se dit qu’un jour il y aura un gars qui tombera et il doit savoir qu’alors il risque de payer pour les autres… »
« Ce que nous souhaitons, c’est qu’une procédure s’engage vraiment, qu’il y ait un minimum d’enquête, attirer l’attention de la police de l’environnement et des magistrats », explique Bourgeois-Costa. L’occasion aussi de rappeler que les lynx ne sont pas à la noce dans l’Ain, même si leur présence ne suscite plus les mêmes réactions que lors de leur introduction. »
« Il y a 30 ans, on disait que le lynx allait supprimer le gibier. Aujourd’hui, il n’y en a jamais eu autant », constate-t-on à la Frapna.
Mais à côté du braconnage, le lynx reste toujours un animal fragile.
D’abord parce qu’il est très exigeant pour son milieu naturel. Le félin, dont on estime la présence, dans le massif jurassien, entre cent et deux cents spécimens, vit en forêt. Il ne se déplace d’un secteur à un autre que par la forêt alors que ces « corridors » ont de plus en plus tendance à disparaître.
C’est ainsi que le lynx a déjà payé un lourd tribut contre des véhicules, en particulier sur l’A404 entre Maillat et Oyonnax.
Le mardi 19 mai à 20h00 à Auditorium de la bibliothèque Abbé-Grégoire de Blois (Loir et Cher), Jacques Rime, artiste naturaliste suisse, auteur de trois albums jeunesse aux éditions Hesse (Lynx, Ours, Renard) contera ses affûts au lynx, le froid, la neige, la lune et la grandeur des ciels nocturnes. Il accompagne son récit d’une projection de dessins, d’aquarelles ou de lithographies issues de ses observations.
Jacques Rime, peintre animalier, est né en Suisse en 1952 à Gruyères, près de Fribourg. Son père, forestier, coureur des bois, fut le premier initiateur de son amour et de son respect de la nature. Nourri d’odeurs d’écorce et de résine, il suivait ses traces pas à pas à la recherche d’un écureuil ou d’un renard.
Au début des années 80, Jacques Rime fait la connaissance de Robert Hainard. Ils deviendront amis et arpenteront ensemble la nature pour observer et croquer les animaux au clair de lune : cerfs, sangliers, grands coqs de bruyère, chamois, lynx… Il avoue une grande passion pour le renard, le blaireau, et surtout le lynx qui lui a fait découvrir les grandeurs des ciels nocturnes.
Ses moyens d’expression privilégiés : le dessin, l’aquarelle, le pastel, la lithographie et la gravure sur cuivre.
Outre son activité de peintre naturaliste, Jacques Rime n’hésite pas à s’engager pour la protection de la nature, rendant compte, en Suisse, de son expérience dans la presse écrite et télévisuelle. Ses interventions, notamment auprès des enfants, instruisent un public souvent mal informé sur la vie des animaux qu’il observe, dessine et admire.
Dimanche 22 février à 20h30, France 2 diffusera, dans le cadre de son nouveau programme court “Les héros de la biodiversité” proposé par Allain Bougrain-Dubourg, un reportage sur le rôle du PGPJ réalisé dans le jura en novembre dernier.
Source: http://www.polegrandspredateurs.org/actualites/ du 5/01/2009
Dibattito fra ricercatori con le solite polemiche sterili in Italia, fra libertà e potere scientifico. Domani una conferenza di Franco Tassi
L’enigma della Lince in Italia, oggi concentrato soprattutto sulla Lince appenninica, continua ad appassionare naturalisti e studiosi. È appena di qualche tempo fa, in Francia (Museo di Orléans, 17–19 ottobre 2008), l’importante Simposio internazionale «Lince, il gran ritorno», ricco di spunti e partecipazioni. Qui Franco Tassi, unico esperto italiano invitato, ha tenuto la relazione «Storia, situazione e prospettive future della lince in Italia».
Anche in Italia qualcosa sembrava muoversi, per un Convegno tenutosi dal 7 al 9 novembre 2008 a Santa Sofia (Forlì–Cesena) su «Biologia e Conservazione dei Felidi in Italia». Sembrava, perché in quell’angolo dell’Appennino Settentrionale che adorna il Parco Nazionale Foreste Casentinesi, forse si è concentrato lo sguardo soltanto sulle Linci delle Alpi. È stato insomma il rituale incontro dei «soliti noti», che hanno colto l’occasione per proclamare, apertamente o meno, le loro incrollabili certezze: come quella che «la Lince non è un animale elusivo», «la Lince non esiste né è mai esistita negli Appennini», e che «la Lince in Abruzzo è frutto di sconsiderate immissioni clandestine».
Tutti d’accordo, gli organizzatori, anche nel precludere ogni intervento ai ricercatori del Gruppo Lince, e in particolare a Francesco Mossolin (laureatosi con il massimo dei voti all’Università di Firenze proprio con una Tesi sulla Lince!), che avrebbe potuto aprire spiragli rivelatori su verità negate o rimosse. Come la presenza storica, recente e persino attuale del Lupo cerviero o Gattopardo nel nostro Appennino.
Senza ostentare certezze assolute, noi continuiamo a credere che in questa vicenda le aperture siano assai migliori delle preclusioni, le indagini accurate valgano più dei pregiudizi, e la modestia sia ben più ricca della vanterìa. E siamo convinti che gli interrogativi cui si dovrà ancora rispondere siano davvero molti.
Pur apprezzando la grande validità del metodo scientifico (purché impiegato con etica e buonsenso) non siamo mai stati partigiani dell’assoluta «infallibilità» della scienza, né fautori delle «super-specializzazioni» estreme, o convinti di aver ormai acquisito valanghe di certezze.
Non occorre essere emuli di Karl Popper, per riconoscere che sappiamo ben poco, che ogni conquista scientifica apre la strada a nuovi interrogativi, e che perciò «non dobbiamo posare a profeti onniscienti». E invece questa ostentazione è proprio ciò che separa dalla gente comune i detentori dei poteri (non solo accademico, ma anche politico, economico, mediatico). Non vi è bisogno di essere discepoli del sociologo Luciano Gallino per comprendere che spesso le nostre Università sono conformiste, e che oggi, in tale contesto «primitivo e infantile», Galileo Galilei resterebbe disoccupato e Albert Einstein finirebbe emarginato. Saremo eretici, se ci sentiamo lontani da questo modo di ragionare? Forse la vera conoscenza non è quella che si riveste di sicumera, disprezza ogni intuizione non «scientistica», si pavoneggia tra paroloni incomprensibili e scava intorno a sé un fossato invalicabile, per tener lontano i dissidenti.
I riflessi di questa deriva culturale sono esiziali per l’ambiente, la natura, il futuro stesso dell’uomo. Ne è inequivocabile testimonianza l’annosa disputa sui rapporti tra scienza e potere, dove ormai coscienza e conoscenza sembrano del tutto annebbiate. A un Convegno sui Parchi Nazionali, anni fa, gli accademici proclamarono che «la scienza si nutre di dubbi, non di certezze». Belle parole, peccato che celassero in fondo l’incertezza e l’incapacità di difendere davvero natura e ambiente.
Noi diremmo piuttosto che la scienza deve nutrirsi di interrogativi, e fare tutto il possibile per risolverli.
Ma se questo è vero, perché mai temere di ascoltare voci diverse? Perché trincerarsi nelle limitate nozioni attuali, di fronte all’immensità dei segreti da esplorare?
Ecco perché il Comitato Parchi e gli Organismi satelliti continueranno a scrivere su questi e altri argomenti controversi, a tenere conferenze e affrontare dibattiti come quello che, all’inizio di un nuovo anno 2009 denso di progetti e programmi, apre il nutrito calendario.
Il primo è l’incontro con introduzione, proiezione e dibattito organizzato dal Centro Sociale Polivalente e dall’Associazione «Plinio», in collaborazione con il Gruppo Lince e il Gruppo Criptozoologia Italia.
Si svolgerà presso il Centro sociale polivalente di Casalpalocco, Viale Gorgia di Leontini, 171 a Roma, domani alle 17.
Franco Tassi parlerà su: L’enigma della lince. Il gattopardo o lupo cerviero esiste sulle nostre montagne?
Ingresso libero e gratuito.
Pour les plus jeunes et les amateurs de BD, le journal de Spirou publiera dans son numéro du 4 février des planches consacrées au lynx et au Pôle Grands Prédateurs Jura.